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CORRESPONDANTS LOCAUX
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Hugues, Kampong Cham – Cambodge

Je suis arrivé au Cambodge dans la ville de Kampong Cham pour m’occuper de la gestion et de la communication d’une ONG. J’ai donc quitté mon travail de directeur commercial dans une start up spécialisée dans le marketing mobile....

Qui êtes-vous ?

Hugues Courcier. Je suis arrivé au Cambodge dans la ville de Kampong Cham pour m’occuper de la gestion et de la communication d’une ONG. J’ai donc quitté mon travail de directeur commercial dans une start up spécialisée dans le marketing mobile.

Mon emploi du temps et mes activités sont assez diversifiés. Je donne des cours d’anglais, de français et d’informatiques, je fais des dossiers de demande de fond, je forme une Khmère à la gestion de cette ONG. Et je viens de prendre la responsabilité de la communication (le but étant de former les khmers sur ces postes à responsabilité, trouver des partenaires radio, TV), également, je monte des jumelages entre des groupes de jeunes ici et des universités en France pour construire des ponts entre l’Asie et l’Europe. Bref mes journées sont bien remplies.

Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous expatrier ? Quels sont les avantages et/ou les inconvénients ?

Je suis parti en Volontariat de Solidarité International (VSI) avec la Guilde Européenne. Il y a longtemps que je souhaitais avoir une expérience internationale doublée d’une expérience humaine.
Ma mission et ma nouvelle vie me plaisent beaucoup. Elles sont difficiles, mais c'est ce que je suis venu chercher au Cambodge. Je ne vous cache pas que cela demande des sacrifices de partir, et quand on est là bas, il faut faire un certain deuil de la personne que l’on est pour faire renaître en soi quelqu’un de nouveau. Mais vivre c’est choisir et choisir c’est dire non à quelque chose ou quelqu’un.
Ici l’expérience humaine est géniale, La pauvreté, la misère, la violence, l’alcool sont autant de choses qui font le quotidien de nombreux cambodgiens.

Ce n’est pas évident dans mon caractère fonceur d’apprendre à attendre les autres, d’être patient, de m’ouvrir en vérité, mais c’est une expérience toute aussi riche que celle que j’ai eu dans mon précédent travail. Certes, sur des points différents, mais qui font que j’essaie de devenir quelqu’un et non pas rester quelque chose. J’essaie d’apprendre à être adroit comme un serpent parmi les loups et candide comme une colombe face à l’homme à qui je parle.



Comment s’est passée votre intégration à votre arrivée (aspects positifs, principales différences, choc culturel…)?

L’accueil au Cambodge est sensationnel. D’une part l’accueil par l’ONG (aussi bien les quelques expatriés que les Khmers) est hors du commun. Mais aussi lors des semaines qui ont suivies mon arrivée, l’accueil par les Khmers des villages des alentours de Kampong Cham a été et reste excellente.
Comme dans de nombreux pays, l’accueil fait par les expatriés d’autres ONG ou d’entreprises Européennes est très bon. C’est vraiment très agréable. Surtout dans mon cas puisque je suis baigné dans la culture asiatique 24h/ 24 et 7jours / 7. Je suis donc très content de pouvoir retrouver régulièrement et facilement des occidentaux avec qui je peux partager les mêmes impressions, discuter en ayant les mêmes référentiels.

Le choc culturel ? Disons que je partais dans l’optique d’inculturation, je suis donc heureux de pouvoir me confronté à ce choc culturel. Cela me permet au contraire de m’émerveiller tous les jours sur les différences, d’apprécier la beauté et la valeur des gestes qui semblent, à nous occidentaux, ne pas être les meilleurs, mais lorsque nous leur montrons nos techniques, les Khmers sont d’abord surpris puis plutôt moqueurs…

Quels liens entretenez-vous avec la communauté française sur place ? (associations, relations professionnelles, etc)

Les occasions sont nombreuses de retourner à Phnom Penh (Capitale du Cambodge) pour des réunions, des rencontres informelles etc …
Il y a de nombreuses ONG, chacune avec ses spécificités techniques et humaines. Il est donc facile de trouver une activité qui corresponde à nos désirs, et de trouver des personnes avec qui nous avons plaisir à partager.

Souhaitez-vous renouveler l’expérience de l’expatriation à l’issue de votre contrat ?
Mon contrat est de 1 an. Ensuite … Repartir, revivre une expérience d’expatriation, oui avec plaisir !


Qu’est-ce qui est le plus représentatif de la population, du pays, de la vie sur place (ambiance, coût de la vie, sécurité, habitudes locales…) ?

Le cout de la vie, même s’il augmente régulièrement reste très faible.

Il existe au Cambodge 3 classes sociales :
Les très riches, Une classe moyenne qui devient plus nombreuse et dont le niveau de vie augmente,
Et les très pauvres (30% de la population – la tendance est à la diminution)
Les très riches sont un peu inaccessibles sauf si vous travaillez avec eux.
La classe moyenne est très accueillante, cultivée, travailleuse, ouverte. C’est un vrai bonheur de les rencontrer.
Les très pauvres sont généreux avec les personnes qui sont proches d’eux. Les côtoyer est une vraie leçon d’humilité et d’humanité.

C’est un vrai bonheur de parler le Khmer car les Cambodgiens sont très reconnaissants des personnes qui font l’effort d’apprendre leur langue. Cela se traduit par des conversations à n’en plus finir dans les transports en commun.

Quels conseils donneriez-vous à des français voulant s’installer dans ce pays ?

La toute première chose : apprendre le Khmer. 2 mois de cours intensifs avec un professeur particulier et vous vous débrouillez pour les discussions de bases.
La seconde : pendant vos temps libres, investissez vous dans une ONG juste pour donner un peu de votre temps. Apprendre à attendre, à vivre avec les Khmers, l’exercice est difficile mais le résultat est sensationnel.

Voyez-vous des choses à ajouter ? Des anecdotes locales ? des astuces sur place ?

Cette semaine nous nous sommes fait arrêter par 2 « flics », nous étions en sens interdit. Nous nous sommes arrêtés. Et à notre grand étonnement ce khmer s'est fâché très fort, alors que jamais un khmer n’hausse le ton. Nous nous sommes dit qu'il faisait cela pour nous impressionner comme le font les flics américains. Cependant, nous connaissons leur us et coutumes, nous lui avons répondu par de très grands sourires et sans un mot au dessus de l'autre, et il a commencé à perdre la face. Il nous demande une somme correcte, nous négocions car nous savons comment cela se passe. Mais le flic, fier comme Artaban, nous montre son épaulette sur laquelle nous avons pu lire : POLICE POUR LES TOURISTES. Nous n’avons pas pu nous empêcher de rire …

Pendant cette petite discussion, un khmer passe en moto. Nous interpellons le flic : « non mais vous vous moquer de nous, vous nous arrêtez et vous ne dites rien au khmer ». Pour ne pas perdre la face, il a pris son sifflet et donné un tout petit coup, il a laissé le khmer s’en aller …

Il s'avers que l'amende nous la méritions, en plus il nous a fait un papier authentique, nous l'avons donc payée. Mais, et là c'est le summum, comme nous étions 4 motos, il a voulu nous faire payer pour les 4. Cependant, il avait un petit sourire… nous avons donc compris que cela serait pour sa poche. Nous lui avons fait un grand sourire en lui répondant : « NON ». Il nous a laissé partir.

>> Pour contacter hugues, adressez-vous à FRANCE-EXPATRIES.
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