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Marie Resplandy - Mexique - San Carlos

France-Expatriés vous propose de rencontrer Marie Resplandy dont le parcours divers et riche est un témoignage d'une expatriation réussie!

Qui êtes-vous ?

Marie Resplandy, 46 ans, Mexique - Région Nord Ouest de Sonora. J’ai un enfant de 25 ans qui vit en France, à Lorient. Je travaille depuis 2003 dans le secteur de l’éducation et plus particulièrement de l’enseignement des langues, en indépendant, puis j’ai été la fondatrice et maintenant Directrice d’une Association Franco-mexicaine.


Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous expatrier ?

En fait, cela fait des années que je voulais aller vivre à l’étranger, il y a cela plus de 20 ans, quand j’étais bien jeune encore.

Je travaillais alors dans le paramédical et je suis partie dans d’autres pays mais jamais plus de quelques mois (Afrique du Nord, désert de Tenere, Cameroun -J’ai été décorée par l’Ordre de Malte le 21 Juin 1989 à Versailles).
La raison pour laquelle je me suis expatriée au Mexique a été un concours de circonstances, une possibilité s’offrant à moi et arrivant dans ma vie à une époque charnière en 1998. J’ai pris ma décision définitive début 99, après des mois de préparation. Mais tout s’est fait tranquillement.

J’avais un projet d’ouverture d’un restaurant français à San Carlos, sur la mer de Cortes, une de plus belles mers du Monde. Un lieu magnifique, enchanteur, très loin des grandes métropoles mais très dur aussi par la culture des sonorenses, qui sont très conservateurs malgré le nombre d’américains vivant sur place à l’année. Bon nombre d’entre eux sont à la retraite.


Quelles difficultés avez-vous rencontrées à votre arrivée ?

Beaucoup !! D’abord la langue, je ne parlais pas un mot d’espagnol ni d’anglais en arrivant. Et 70% des résidents de la ville (San Carlos est à 30 KM de Guaymas) où je venais ouvrir un restaurant français sont américains.
Ensuite, des relations fausses par une communauté américaine (et sa « culture du dollar » !!) essentiellement composée de retraités qui y vivent bien et disposent de salaires intéressants pour les mexicains qui travaillent pour eux.


Comment s’est passée (se passe) votre intégration sur place ?

Pour ma part, au début, ce fut très facile malgré le manque de pratique de la langue. Car j’ai des facilités relationnelles avec les gens. Les Mexicains sont d’apparence « bon enfant », latinos, qui aiment la fête….

Puis, progressivement et certainement avec plus de connaissances de la réalité locale, cela est devenu plus difficile, même si je parlais de mieux en mieux les langues étrangères. J’étais seule face à ses changements.
Comme je l’ai déjà évoqué, ces difficultés étaient dues aux Américains et leur volonté d’inculquer cette « culture du dollar » facile, principalement à San Carlos (alcoolisme, drogue, prostitution…) et toute une économie et une façon d’être focalisées sur le « respect de l’argent ». « Valeurs » qui ne me correspondent pas dut tout !

San Carlos, comme Acapulco, Cancun il y a quelques années, est en pleine évolution touristique, a une autre échelle car gérée par 4 ou 5 familles uniquement qui y managent absolument tout : les terrains et leurs ventes, la construction, l’évolution… bref, une mafia qui est devenue pesante pour les résidents et une menace pour les investisseurs car inconscients des réalités.


J’ai vécu de décembre 99 a septembre 2001 sur San Carlos, puis j’ai déménagé sur Guaymas fin 2001, port de pêche plus réellement mexicain, avec la culture plus proche de celle des latinos américains, et un rythme de vie plus articulé autour de la normalité de la vie de tous les jours : pas de bars et d’alcooliques qui y passent leurs journées, mais au contraire des écoles, magasins, marche, structures légales et sociales familiales plus dans les normes réelles de ce qu’est la vie dans notre région…..etc.… et la, j’ai pu retrouver une vie plus authentique, en fait par rapport a réellement vivre au Mexique avec les mexicains : relations moins faussées, plus authentiques, même si elles n’ont pas été facile au début, du au fait justement d’être prise pour une américaine..sic !! ..etc.. Mais qui la, à l’inverse, se sont améliorées, en faisant respecter ma nationalité et ma culture française, justement.

je suis née en Ariège, éduquée avec des principes et des valeurs par mes grands parents, Ariège « terre courage » ou la tradition et les valeurs l’emportent bien souvent sur les intérêts personnels matériels.


Quels liens entretenez-vous avec la communauté française sur place ? (associations, relations professionnelles, etc)

Ici a Guaymas, je suis avec mon ami, la seule française (lui est originaire du Gers).

à San Carlos (30kms), deux couples : un de deux français (75 et 55 ans), un franco-américain (même âge, 37 ans de mariage) à Hermosillo, la capitale de l’état, environ 80 français expatries.

Dans l’état de Sonora, nous sommes environ 130 français au total. Sonora est le second état qui a la plus grande superficie avec Chihuahua, et qui ne sont pas les états les plus peuplés, bien au contraire.

J’ai en général de très bons rapports, qui ont été néanmoins renforces en 2006 par mon poste de déléguée de l’agence consulaire en Sonora pour le consulat général de france au Mexique. Pendant plus de 25 ans, il n’y avait plus eu de représentation diplomatique en Sonora.

Guaymas est un port très riche en culture et echanges franco mexicains : au siecle dernier, il y existait beaucoup de commerce avec la france (port) et de ce fait, beaucoup de familles ici sont des descendants de français.

A Santa Rosalia, en face de Guaymas, l’église du village est une église que Gustave Eiffel a envoyé par bateau ici. Beaucoup de familles sont venues de Santa Rosalia à Guaymas s’y installer (Vieilledent, Ricaud, Camou …) et y sont restés !

J’ai aussi de très bonnes relations avec ces gens qui maintenant sont mexicains, et qui ne parlent même pas notre langue. Je vis avec eux, partage le même style de vie, qui est notre vie de tous les jours ici, dans le milieu scolaire et universitaire.


Quels sont, selon vous, les avantages d’une expatriation ?

A mon avis, dépendamment de l’âge, toute une richesse personnelle dans les différences, la tolérance, l’acceptation (j’ai un cursus professionnel dans la psychologie et le paramédical).

Si ces choix sont définitifs, ils peuvent l’être pour différentes raisons : l’envie définitive de vivre et connaitre autre chose, le besoin de découverte, d’apprendre puis la difficulté de revenir dans des normes qui elles même ne correspondent plus à notre culture passée… tout cela joue dans le fait de ne pas revenir vivre au pays.

Pour certains autres, cela peut être une fuite, une envie ou un besoin de changements.


Souhaitez-vous renouveler l’expérience de l’expatriation à l’issue de votre contrat ?

Je ne suis pas sous contrat et je souhaiterais finir mes jours ici, à Guaymas , et continuer à y diffuser notre culture et notre langue française, y perpétrer certaines traditions etc... (Association créée en avril 2007 : asociacion franco guaymense AC)



Ecrire à Marie Resplandy : marie_resplandy@hotmail.com


Rencontrez Marie Resplandy en vidéo :




Suite de la vidéo :







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